QUELQUES EXTRAITS
Une première expérience difficile ! (page 21 du livre)
Ce jour-là, nous travaillions sur une petite estrade à quarante centimètres du sol. Derrière ce podium, les musiciens de l’harmonie, qui devaient intervenir après
nous, avaient déjà installé leurs pupitres et leurs partitions, avant d’aller rejoindre le public.
Quand je suis parti à la renverse, il n’y avait pas assez de place pour me recevoir. Je suis donc tombé de l’estrade, en roulade arrière. Dans ma chute, j’ai
entraîné le grand pupitre du chef d’orchestre. Celui-ci est tombé sur le premier rang de pupitres serrés qui a dégringolé sur le rang suivant et qui, dans un effet dominos, a fait choir tout le
reste.
Ce fut un immense éclat de rires sauf pour les musiciens désespérés de voir leur bel agencement ressembler à la dévastation d’un tsunami. Les partitions mélangées
jonchaient le sol dans un grand désordre et les pupitres avaient pris l’allure d’un mécano piétiné par un sale gosse.
Le sale gosse remonta sur la scène, tout endolori par sa chute, se frottant les reins et grimaçant de douleurs, sans se forcer. Mais cela fit encore bien rire les
enfants. Stéphane me jetait des coups d’oeils inquiets, craignant que je ne puisse poursuivre. Moi, je pensais à la scène de Limelight où Charlie Chaplin tombe de la scène, les quatre fers en
l’air dans une grosse caisse.
Je mis un point d’honneur à enchaîner. Chaque fois que Max Well venait sur l’estrade, il pointait curieusement son doigt vers mes jambes et je ne comprenais pas ce
jeu de scène imprévu. J’eus l’explication à la fin de notre prestation. Dans la chute, j’avais déchiré mon pantalon et durant tous les autres gags, j’avais une jambe à l’air. Heureusement
Pantalon portait un slip !
Un numéro en hommage à Charlie Chaplin (page 30)
Sur la musique composée par Chaplin, Sylviane, en justaucorps et tutu classiques, dansait sur les pointes une grande partie de la mélodie. Quelle galère pour elle
quand nous trouvions des estrades aux planches disjointes ! Dans les meilleures conditions, on faisait le noir complet et un projecteur suivait la danseuse. Elle était magnifique et le public
était subjugué.
C’était un numéro muet. Pantalon, suivi par un autre projecteur, arrivait sur la scène et tout de suite, il tombait amoureux de la ballerine. Il lui envoyait des
baisers attendris mais Zéphyr, d’un air dur et sévère, lui faisait signe de sortir. Pantalon revenait ensuite avec une rose et l’offrait timidement à la danseuse. Celle-ci la prenait mais la
jetait plus loin, montrant son dédain pour cet auguste ridicule. Pantalon sortait alors, secoué par de gros sanglots. Puis il revenait avec un violon, pensant qu’il pourrait devenir le musicien
de celle qu’il aimait. Mais cette ensorceleuse le rejetait en le bousculant. Pantalon titubait, pleurait, s’agenouillait et suppliait une dernière fois puis se recroquevillait et mourait de
chagrin. Alors, à la dernière phrase musicale, la ballerine ramassait la rose et venait la poser sur le corps de l’auguste.
Pour cette dernière scène, de chaque côté de la rampe, nous allumions des feux de Bengale rouges qui créaient une lumière poétique.
A chaque fois, c’était un tonnerre d’applaudissements ! Ils s’adressaient peut-être plus à la jeune danseuse qu’à nous-mêmes. La beauté est toujours
victorieuse.
Comment j'ai appris à jouer de la scie (page 64)
Un jour, j’allais rendre visite à Claudy dans ses quartiers d’hiver, à l’usine de Boscheppe. Il vivait dans sa caravane comme un baladin de jadis. Je lui confiai
mon étonnement face aux réactions des marchands d’instruments.
« Attends ! dit-il. Tu vas voir ! »
Il partit un moment et revint avec deux scies et un archet. Ce fut la seule leçon qu’il me donna et j’essayai d’enregistrer tous ses gestes. Il me joua la même
mélodie sur une scie musicale puis sur une scie ordinaire. C’était extraordinaire ! La vraie scie avait une sonorité plus agréable ! Et surtout, quel tour de force pour un clown de jouer avec un
tel instrument !
« Voilà ! dit-il. La différence, c’est que la lame est moins longue et que la tessiture est réduite ! Il faudra choisir tes morceaux ! »
Je n’osais pas lui demander de rejouer une fois de plus. Je le quittai, repartit sur Lille pour acheter un archet et de la colophane. Puis je passai chez Castorama
pour prendre une scie de coffreur. Rentré chez moi, tout fébrile, j’essayais.
Les premiers sons furent difficiles à produire mais, très rapidement, je fus capable de jouer quelques mélodies. Ce n’était qu’intuitif et j’ai toujours eu beaucoup
de mal à expliquer comment je m’y prenais. D’ailleurs, suivant la température extérieure, la scie ne réagit pas de la même manière et son inclinaison doit être modifiée.
Quelques mois plus tard, Zéphyr et Pantalon, qui étaient devenus musicaux, se trouvèrent dans le même spectacle que Claudy Renotte, à Gravelines. A la fin de notre
prestation, Claudy vint vers moi, tout émerveillé :
« Qu’est-ce que tu joues bien de la scie ! C’est formidable ! »
Ce compliment me combla de fierté. Il avait oublié que sans s’en rendre compte, c’est lui qui avait été mon maître.
Chez les Wayana, en forêt guyanaise (page 102)
Après deux heures de navigation dangereuse durant lesquelles nous franchîmes de nombreux sauts, nous arrivâmes à Antecume Pata.
Dans ce village, André Cognat essaye de sauvegarder les valeurs traditionnelles amérindiennes sans pour autant sacrifier l’accès aux technologies nouvelles. Ce fut
un séjour enrichissant et aussi très émouvant car plusieurs fois nous eûmes l’impression d’assister à la fin d’un monde.
Le spectacle eut lieu dans une salle de l’école primaire et nous nous maquillâmes dans un petit cagibi de planches aux lames disjointes. Bientôt, il y eut des
dizaines de paires d’yeux, aussi sombres et luisants qu’un marbre noir. Ils épiaient nos faits et gestes par l’interstice des planches : des gamins et des gamines étonnés mais inquiets au point
de ne plus faire un geste.
Le spectacle fut émouvant. Sur les premiers rangs étaient assis tous les enfants : une pépinière de corps bruns aux jolis visages encadrés de longs cheveux aussi
noirs que l’encre de chine, avec de grands yeux écarquillés, lumière blanche et vive dans laquelle pétillaient des pupilles charbonneuses. Derrière les enfants, tous les gens du village s’étaient
installés, bien décidés à ne pas rater une telle occasion.
Ce fut une belle et heureuse fête avec un public enthousiaste même si les réactions étaient parfois différentes que dans d’autres cultures. Par exemple, les enfants
ne cherchaient pas à me faire punir par Zéphyr ni à renforcer son autorité. Ils ne prenaient pas non plus ma défense et certaines de mes questions
restaient curieusement sans réponse comme s’ils préféraient que nous nous débrouillions seuls, sans leur intervention. Ce fut pourtant un moment de grand plaisir surtout lorsque le singe et le
fantôme coururent parmi eux et qu’ils virent mon pantalon devenir tout petit. Ils apprécièrent aussi les clochettes musicales et la scie.
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107 pages, plus de cent photos dont beaucoup en couleurs
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Ce livre a été publié en auto-édition. Je suis donc le seul distributeur et vous pouvez le commander à mon domicile. ( voir contacts plus
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Librairie des Alpes 1 rue Casimir Perier à GRENOBLE (38000)
Tabac-Presse Le Narval 760 Grande Rue LE TOUVET (38660)
Heyrieux : "Trésor d'Artistes" : voir le site dans la page Liens
Toulon : librairie Périclès : 2 Avenue Joseph Gasquet (04 94 16 90
26)
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Une rencontre avec Pantalon autour de ce livre.
Récits, discussion, et animation clownesque.

SI MES ROMANS VOUS
INTERESSENT
Rendez vous sur mon site : la Guyane selon Jean-Claude Baise
Je vous les présente rapidement :
Une excursion de touristes en forêt guyanaise tourne au cauchemar quand leur pirogue est attaquée par des braconniers brésiliens. Au lieu de s’entraider,
les voyageurs blessés et désemparés vont se mépriser et s’affronter. La forêt, avec sa puissance envoûtante rendra vite cette confrontation dérisoire. Nelson, jeune Amérindien, qui connaît si
bien sa forêt, essaiera de redonner espoir au groupe des naufragés. Dans ces épreuves, naîtra une touchante amitié entre Vanessa, adolescente parisienne, et ce jeune Indien qui la
fascine.
Un jeune métropolitain, las de la société de consommation, part en Guyane et, très vite, pense trouver le bonheur dans le monde amérindien. Il tombe
amoureux d’une jeune Améridienne, tentant de jouer à fond l’acceptation de l’autre culture. Cependant même si ces jeunes gens s’aiment très fort, leur perception de l’univers est tellement
différente qu’ils connaîtront peu à peu d’éprouvantes douleurs.
A travers cette histoire amoureuse, ce livre donne l’occasion de mieux connaître la vie des Amérindiens Kali’na et Arawaks, que le monde moderne entraîne
loin de leurs valeurs.
Le chemin du métissage est encore parsemé d’épines surtout dans cette luxuriante Guyane qui, avec sa multiplicité d’ethnies, de cultures et ses excès de
toutes sortes font de ce livre un roman mouvementé.

Adaptation pour la jeunesse de « Passions Amérindiennes».
La même aventure, avec le même suspense où les jeunes héros Nelson et Vanessa ont un rôle privilégié. Ils deviennent les seules lumières d’espoir au milieu
d’adultes détestables qui ne supportent pas leur aventure dramatique dans la forêt amazonienne

Mon petit dernier. Un tourbillon ethnique dans la Guyane à l'époque du Carnaval. Trois personnages que tout sépare vont être
entraînés dans de folles mésaventures.
Mattéo, d'origine corse, tente de retrouver son père qu'il n'a jamais connu. Le docteur Gnahoré, médecin Ivoirien a fui son pays pour travailler à
l'hôpital de St Laurent du Maroni. Titaïna, adolescente polynésienne, nostalgique de son île natale, fugue du domicile familal.
Après avoir côtoyé de nombreux marginaux et rencontré l'Amérindien Molokoï, guide précieux dans cette exubérance végétale et culturelle, les trois
héros se rencontreront pour une quête improbable qui cache d'autres espérances.